» Mais moi, mes factures sont déjà électroniques. Je les envoie en PDF par mail. «
Si tu t’es déjà fait cette réflexion, tu es loin d’être le seul. 😄
Depuis quelque temps, la facturation électronique revient régulièrement dans les conversations.
Et avec elle arrivent tout un tas de nouveaux mots : plateforme agréée, e-reporting, données structurées, émission, réception…
Bref, tout ce qu’il faut pour donner envie de refermer l’onglet et de se dire qu’on regardera ça plus tard. 😅
Sauf que le » plus tard » commence sérieusement à se rapprocher.
La réforme entre dans une première phase importante le 1er septembre 2026.
Alors plutôt que de te faire un cours de fiscalité, je te propose de faire ce que j’aime faire avec l’administratif : remettre les choses dans l’ordre et regarder ce qui va réellement changer dans ton quotidien.
Tu vas voir, c’est déjà beaucoup plus simple comme ça.
Facturation électronique : non, ton PDF envoyé par mail ne suffit pas
Commençons par là, parce que je trouve que c’est probablement la confusion la plus naturelle.
Aujourd’hui, beaucoup d’entreprises créent leurs factures sur un logiciel, les enregistrent en PDF et les envoient directement par mail à leurs clients.
La facture est numérique.
Mais ce n’est pas pour autant une facture électronique au sens de la réforme.
Avec le nouveau système, les factures concernées devront respecter un format électronique prévu à cet effet et transiter par une plateforme agréée, directement ou grâce à une solution compatible.
En clair, ce n’est pas seulement la facture qui évolue.
C’est surtout le chemin qu’elle emprunte.
Et je trouve que c’est beaucoup plus simple de comprendre tout ce qui arrive quand on commence par là.
Pourquoi changer la facturation des entreprises ?
Je pourrais te faire trois paragraphes sur la loi de finances. Mais je pense qu’on peut tous s’en passer. 😄
La réforme de la facturation électronique doit notamment permettre de simplifier et sécuriser les échanges entre les entreprises, faciliter le traitement des factures et améliorer la transmission de certaines données à l’administration.
Elle doit également contribuer à la lutte contre la fraude à la TVA.
Voilà pour la partie officielle.
Dans la vraie vie, ce qui m’intéresse davantage, c’est ce que cela va changer dans les entreprises.
Parce que lorsqu’on accompagne des dirigeants dans leur administratif, on voit bien qu’il n’existe pas UNE façon de gérer sa facturation.
Il y a ceux qui ont un logiciel parfaitement paramétré et un processus très clair.
Ceux qui ont leur petite méthode bien à eux, et qui fonctionne très bien, merci. 😄
Et puis ceux qui savent que la facture existe quelque part… mais qui auraient besoin de quelques minutes pour te dire exactement où.
Aucune de ces entreprises ne part du même endroit.
C’est pour ça qu’avant de chercher LA solution pour la facturation électronique, je commencerais par une question beaucoup plus simple :
Comment fonctionne ta facturation aujourd’hui ?
Septembre 2026 : est-ce que ton entreprise est concernée ?
C’est évidemment la grande question.
Et pour y répondre, il faut distinguer deux choses : la réception et l’émission des factures électroniques.
À partir du 1er septembre 2026, toutes les entreprises concernées par la réforme devront être capables de recevoir des factures électroniques, quelle que soit leur taille.
En revanche, l’obligation d’émission se fera progressivement :
- 1er septembre 2026 : toutes les entreprises concernées devront pouvoir recevoir des factures électroniques ;
- 1er septembre 2026 : les grandes entreprises et les ETI devront également émettre leurs factures électroniques et respecter leurs obligations de e-reporting ;
- 1er septembre 2027 : ce sera au tour des PME, TPE et micro-entreprises d’émettre leurs factures électroniques et de respecter leurs obligations de e-reporting.
Et il y a un détail important.
Si tu es micro-entrepreneur et que tu bénéficies de la franchise en base de TVA, ne pars pas en courant en te disant : « Ah, TVA, ça ne me concerne pas ! » 😄
La franchise en base ne te place pas automatiquement hors du champ de la réforme.
Les micro-entrepreneurs concernés devront eux aussi pouvoir recevoir des factures électroniques dès septembre 2026, puis les émettre à partir de septembre 2027.
Donc non, pour les petites structures, le sujet ne commence pas en 2027.
Plateforme agréée : » Super, encore un nouvel outil… «
Bon. Je doute que le concept de plateforme agréée déclenche chez toi un enthousiasme débordant. 😅
Pourtant, la plateforme agréée est au cœur du nouveau fonctionnement.
Il s’agit d’un opérateur immatriculé par l’administration fiscale qui permet notamment d’assurer la transmission et la réception des factures électroniques, ainsi que l’envoi de certaines informations à l’administration fiscale.
Chaque entreprise concernée devra donc disposer d’une plateforme pour recevoir ses factures.
Mais avant de créer quinze comptes et trois nouveaux mots de passe, commence par regarder ce que prévoit déjà ton logiciel de facturation.
Ton outil actuel pourra peut-être communiquer avec une plateforme agréée.
C’est justement pour ça que je ne conseillerais pas de changer de logiciel dans la précipitation.
La première chose à faire peut simplement être d’appeler ton éditeur et de lui demander :
» Comment avez-vous prévu le passage à la facturation électronique ? «
Sa réponse devrait déjà t’éviter quelques heures de recherches sur Google. 😉
Et le e-reporting ? Parce qu’il fallait bien ajouter un mot compliqué
Dit comme ça, je reconnais que ça ne donne pas particulièrement envie de poursuivre la lecture. 😄
Alors faisons simple.
Toutes les opérations ne passeront pas forcément par le circuit de la facturation électronique.
C’est notamment le cas de certaines ventes réalisées auprès de particuliers ou de certaines opérations internationales.
Le e-reporting permet alors de transmettre à l’administration certaines informations concernant ces transactions.
Selon les cas, il peut s’agir de données liées aux transactions ou aux paiements.
Mais non, l’idée n’est pas que tu prépares chaque vendredi soir un joli tableau Excel pour l’envoyer aux impôts. 😉
La plateforme et les outils utilisés pour ta facturation auront justement un rôle dans cette transmission.
Et à mon sens, c’est largement suffisant pour comprendre le principe sans commencer à transformer cet article en formation de trois heures.
Ce que la facturation électronique va vraiment changer dans ton quotidien
C’est probablement la partie qui m’intéresse le plus.
Parce qu’une réforme, c’est une chose.
Ton entreprise, c’en est une autre.
Sur le papier, on parle de formats, de plateformes, de transmission de données et de conformité.
Dans ton quotidien, les questions seront beaucoup plus concrètes.
Qui crée les factures ?
Où sont renseignées les informations de tes clients ?
Qui vérifie les règlements ?
Comment sont traitées les factures de tes fournisseurs ?
Ton logiciel est-il adapté ?
Et qui va suivre tout ça ?
Ce sont ces questions-là que je regarderais en premier.
Parce qu’une nouvelle obligation appliquée sur une organisation déjà compliquée… reste une organisation compliquée.
Avec une plateforme en plus. 😅
Alors que si ton processus est clair dès le départ, la transition sera forcément plus simple.
Et si cette réforme était aussi l’occasion de revoir ta gestion administrative ?
Je sais.
Je suis probablement l’une des rares personnes capables de chercher le côté positif d’une nouvelle obligation administrative. 😂
Mais écoute-moi deux minutes.
Quand une habitude fonctionne depuis des années, on ne pense pas forcément à la remettre en question.
On crée les factures comme on les a toujours créées.
On les classe au même endroit.
On fait les mêmes vérifications.
Et parfois, une tâche prend beaucoup de temps simplement parce que personne ne s’est demandé depuis longtemps si elle pouvait être faite autrement.
La facturation électronique va obliger beaucoup d’entreprises à regarder leur organisation.
Alors quitte à ouvrir le capot, autant regarder ce qu’il y a dedans.
Peut-être que certains fichiers peuvent enfin disparaître.
Que des informations clients méritent d’être mises à jour.
Que certaines tâches peuvent être automatisées.
Ou peut-être que ton organisation fonctionne parfaitement et qu’il faudra simplement l’adapter.
Et c’est très bien aussi.
Ce que j’éviterais, en revanche, c’est d’attendre le dernier moment pour choisir une plateforme simplement parce que « tout le monde a pris celle-là ».
Comment préparer ton entreprise sans transformer ça en chantier ?
Je commencerais par quelque chose de très simple.
Pas par comparer toutes les plateformes agréées.
Pas par changer de logiciel.
Et encore moins par lire 87 pages de documentation fiscale un dimanche matin. 😄
Je commencerais par faire une photo de l’existant.
Regarde :
- comment tu crées aujourd’hui tes factures ;
- quel logiciel et quels outils tu utilises ;
- qui s’occupe de la facturation ;
- si les données de tes clients et fournisseurs sont à jour ;
- comment tu reçois et classes les factures fournisseurs ;
- comment tu suis les règlements ;
- ce que ton éditeur de logiciel a déjà prévu pour septembre 2026.
À partir de là, tu sauras beaucoup mieux ce dont tu as réellement besoin.
Et seulement ensuite viendra le choix de la plateforme ou de la solution.
Parce que je reste convaincue d’une chose :
Ce n’est pas ton entreprise qui doit se tordre dans tous les sens pour rentrer dans un outil.
C’est l’outil qui doit trouver sa place dans ton organisation.
Chez Assistarya, c’est justement comme ça qu’on l’aborde
Je sais que lorsqu’une nouvelle obligation administrative arrive, le premier réflexe est souvent de chercher immédiatement l’outil qui va régler le problème.
Moi, j’aurais plutôt tendance à faire l’inverse.
Je commence par regarder l’organisation.
Quand on parle de facturation avec un client, on ne commence donc pas par lui demander quelle plateforme il compte choisir.
On regarde comment il travaille aujourd’hui.
Qui fait quoi ?
Qu’est-ce qui fonctionne déjà très bien ?
Qu’est-ce qui lui prend inutilement du temps ?
Et où sont les petits grains de sable ?
Parce qu’entre une entreprise qui réalise quelques factures par mois et une autre qui gère beaucoup de clients, de fournisseurs et de flux, les besoins ne seront évidemment pas les mêmes.
Au fond, cette réforme ne change pas ma façon de voir les choses.
On commence par comprendre comment tu travailles.
Puis on adapte les outils autour.
Pas l’inverse.
Et c’est probablement le message que j’ai le plus envie de faire passer avec cet article :
Tu n’as pas besoin de devenir expert de la facturation électronique.
Tu as besoin de comprendre ce qui te concerne et de savoir comment ton entreprise va s’adapter.
Le reste peut s’organiser. 😊
Avant septembre, commence simplement par là
Si tu refermes cet article avec encore quelques interrogations sur le e-reporting ou les formats de factures, ce n’est pas très grave.
En revanche, j’aimerais que tu repartes avec cette question :
Est-ce que je sais exactement comment fonctionne ma facturation aujourd’hui ?
Si oui, tu as déjà une très bonne base pour préparer la suite.
Et si la réponse ressemble plutôt à » euh… attends, je regarde » 😄, alors cette réforme est peut-être simplement l’occasion qu’il te fallait pour remettre un peu de clarté dans tout ça.
FAQ – Facturation électronique 2026
Un PDF envoyé par mail est-il une facture électronique ?
Non. Une facture électronique au sens de la réforme doit respecter les exigences prévues par le dispositif et passer par le circuit prévu. Un simple PDF envoyé directement par mail ne suffit donc pas.
Toutes les entreprises doivent-elles recevoir des factures électroniques en septembre 2026 ?
Les entreprises établies en France et assujetties à la TVA entrant dans le champ de la réforme devront pouvoir recevoir leurs factures électroniques à partir du 1er septembre 2026, quelle que soit leur taille.
Je suis micro-entrepreneur, suis-je concerné ?
Oui. Même en franchise en base de TVA, un micro-entrepreneur reste assujetti à la TVA. S’il entre dans le champ de la réforme, il devra pouvoir recevoir des factures électroniques dès septembre 2026 et, pour les opérations concernées, les émettre à partir de septembre 2027.
Dois-je choisir une plateforme agréée ?
Oui, si ton entreprise est concernée, elle devra disposer d’une plateforme agréée pour recevoir ses factures électroniques. Avant d’en choisir une, regarde néanmoins ce que prévoit ton logiciel actuel.
Vais-je devoir changer de logiciel de facturation ?
Pas forcément. 😊
Commence par demander à ton éditeur comment il prévoit de gérer la facturation électronique et son interaction avec les plateformes agréées.
Quelle est la différence entre facturation électronique et e-reporting ?
La facturation électronique concerne les factures entrant dans le champ du dispositif. Le e-reporting permet de transmettre à l’administration certaines données concernant des opérations qui ne passent pas par ce circuit.
Par quoi commencer pour préparer mon entreprise ?
Par ton organisation actuelle.
Regarde comment tu factures, avec quels outils, qui intervient et comment sont traitées tes factures clients et fournisseurs.
Avant de changer tes outils, comprends ton organisation.
C’est beaucoup plus facile de faire évoluer quelque chose que l’on comprend parfaitement. 😊